Nous entendons parler de superaliments, d’alicaments, mais que recouvrent ces néologismes ?

Plus souvent avancés par l’industrie agroalimentaire que par le monde scientifique, ces concepts demandent une certaine prudence. Quels sont ces aliments, qui font du bien à notre corps ? Essayons d’y voir plus clair.

 

QU’EST-CE QU’UN SUPERALIMENT ?

L’Oxford English Dictionary définit un superaliment comme « un aliment riche en nutriments, considéré comme particulièrement bénéfique en termes de santé et de bien-être ». Parmi les champions de cette catégorie d’aliments, nous retrouvons :

-la myrtille,

-le raisin,

-le curcuma,

-le cacao,

-le saumon,

-les graines germées,

-la betterave,

-la grenade,

-l’ail…

Il s’agit là de trésors de nutriments reconnus par les différentes traditions culinaires et de santé grâce à leur richesse en antioxydants, en vitamines et oligo-éléments ou en oméga 3, à la frontière entre le monde de la cuisine et celui de la médecine.

Les superaliments incluent notamment de nombreux aliments tout à fait ordinaires, courants, et pourtant dotés d’une valeur nutritionnelle inestimable.

C’est le cas, par exemple, de la grande famille des brassicacées, que tout le monde connaît, dont font partie les choux, les brocolis, les navets, les radis, la roquette, la cameline, le colza, le cresson… Légumes et plantes à la saveur soufrée et piquante souvent présents sur nos tables, ils figurent aujourd’hui parmi les vedettes de la stratégie anticancéreuse*.

 

QUELS SONT LES EFFETS DES SUPERALIMENTS ?

Trois à cinq portions de crucifères par semaine, crus, fermentés ou cuits 5 minutes à la vapeur, nous permettent d’avoir un apport suffisant en ces précieux éléments qui possèdent de nombreuses vertus :

– ils ont un effet anti-inflammatoire.

– Ils augmentent les réactions de détox de l’organisme.

– Ils apportent de la vitamine B9 (une vitamine qui fait souvent défaut dans l’alimentation, essentielle au système nerveux, à la formation de globules rouges et à la détox).

– Ils ont un effet protecteur cardiovasculaire.

– Ils sont un trésor d’antioxydants, donc un facteur antivieillissement.

– Ils exercent une activité antibactérienne.

– Ils favorisent la prévention du cancer, en particulier les cancers de la prostate, du côlon, du sein, du rein et des ovaires.

 

IDÉE RECETTE

Alors, profitons-en dès maintenant, car c’est de saison ! Une petite salade de chou kale vert et violet – pour varier la palette d’antioxydants -, coupé en fines lamelles, mariné dans du jus de citron et de l’huile d’olive bio de première pression à froid, saupoudré de gomasio et levure maltée… Mmmm, ça donne l’eau à la bouche !

Si en plus vous l’accompagnez d’un œuf à la coque avec le jaune liquide, d’un lait de chanvre maison agrémenté de pollen frais et germe de blé : vous avez un super repas d’aliments fonctionnels, c’est-à-dire d’aliments pour lesquels on a démontré qu’ils ont, au-delà de leurs qualités nutritionnelles, un effet bénéfique sur une ou plusieurs fonctions de l’organisme.

 

QUELLE DIFFÉRENCE AVEC L’ALICAMENT ?

Plus délicate est la notion d’alicament (aliment=médicament), car il désigne couramment un aliment reconnu pour ses vertus d’ordre pharmaceutique, qu’il s’agisse d’un aliment naturel contenant certains principes actifs ou d’un aliment industriel artificiellement enrichi. Alors, prudence !

S’agit-il d’aliments bruts, naturellement riches en principes actifs bénéfiques pour la santé ou de produits transformés, raffinés, soumis à des procédés qui en altèrent les qualités fondamentales tout en les enrichissant d’un élément considéré intéressant pour la santé ? C’est le cas de l’hydrogénation, par exemple, effectuée à haute température, pour saturer les lipides et les rendre ainsi solides. Certaines margarines sont produites par hydrogénation de matières grasses comme les huiles végétales. Il en résulte qu’une huile végétale de bonne qualité sera toujours préférable à ce genre de produits industriels, même si enrichis en oméga 3.

QUELS SERAIENT LES PRINCIPES À SUIVRE POUR ALLIER QUALITÉ ET BIENFAITS DES ALIMENTS ET SANTÉ ?

La première règle à adopter consiste à privilégier des aliments naturels, non raffinés, non transformés, de culture biologique, de saison et locaux si possible, car adaptés à notre biotope.

Les respecter dans notre façon de les cuisiner : crus, fermentés ou cuits à basse température, ces aliments nous rendront le meilleur de leurs propriétés pour le plaisir de notre corps et de nos papilles. Leur qualité en fera nos meilleurs alliéspour notre santé.

 

Nous rejoignons ainsi le précepte millénaire d’Hippocrate, père de la médecine grecque, qui déjà au 5e siècle avant notre ère disait : « que ton aliment soit ton médicament ».

 

Plus récemment, Jean Seignalet a osé l’écrire en parlant de « troisième médecine », car, oui, l’alimentation représente un pilier de notre santé, un facteur épigénétique** qui peut contribuer au maintien et à l’évolution de ce concept cher aux acteurs des approches naturelles et holistiques, qui est celui de « terrain ».

Prenons soin de notre terre intérieure, de notre beau jardin de chair, en lui offrant le meilleur que la Nature a prévu pour notre santé !

 

Sara POET

Naturopathe à Montpellier

* Pour une synthèse des bienfaits et des études de ces molécules : https://lpi.oregonstate.edu/mic/dietary-factors/phytochemicals/isothiocyanates

**L’épigénétique est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible et adaptative l’expression des gènes sans en changer la séquence nucléotidique. (Source : Wikipédia)