DIFFÉRENTS TYPES DE JEÛNE POUR DIFFÉRENTES MOTIVATIONS

La pratique du jeûne ces dernières années à explosé. Il y a dix ans, quand j’ai commencé mes études de naturopathie, très peu nombreux étaient ceux qui osaient s’aventurer à prononcer le mot « jeûne ». Aujourd’hui, les choses ont changé, de nombreux centres de jeûne ouvrent leurs portes et on en entend de plus en plus parler.

Perte de poids, hypertension, allergies environnementales, déséquilibres intestinaux, simple envie ou besoin de ralentir, de « se mettre au vert » : les motivations à jeûner sont multiples. Les temps sont à l’abondance et à l’ultra-rapide. Il faut faire, faire beaucoup et faire vite. Le jeûne est une manière de prendre le contre-pied, d’adopter un rythme plus physiologique, de revenir à soi.

En revanche, on ne sait plus trop quoi penser tellement il existe de jeûnes différents. Quel jeûne choisir. Quel est le meilleur jeûne pour moi ? Il existe autant de manière de pratiquer le jeûne qu’il y a d’indications à le faire. Vous avez du diabète, du cholestérol ? Le jeûne intermittent peut s’avérer intéressant. Mais comment savoir et comment bien choisir son jeûne ?

Voici une liste des différents types de jeûne qui existent aujourd’hui. Nous détaillerons la plupart d’entre eux ensuite.


LE JEÛNE HYDRIQUE

Lorsque l’on parle de jeûne hydrique, en général, on parle de jeûne long où le seul élément autorisé est l’eau. Bien sûr, il est fondamental, si vous entreprenez un jeûne hydrique, de sélectionner correctement l’eau que vous allez consommer. Il est capital qu’elle soit pure, la plus propre possible, sans résidus hormonaux et médicamenteux.

 

Quelle eau consommer lors d’un jeûne ?

  • Si vous avez une source proche de chez vous, c’est l’idéal. Trouvez-vous des contenants, faites votre marche en conscience jusqu’à la source (d’autant plus que l’image symbolique est intéressante : je jeûne = je reviens à la source) et remplissez vos contenants en ayant pris soin de vous assurer que l’eau est saine et peut être consommée sans risque.
  • Les eaux filtrées par osmose inverse ou par un filtre Doulton sont intéressantes. Ces filtres vont éliminer la plupart des métaux lourds, le chlore, le calcaire et les résidus hormonaux. Soulager le travail des reins en jeûne est fondamental. Il est nécessaire de consommer une eau qui n’apporte pas ce genre d’éléments chimiques ni de sels minéraux en quantité trop importante.
  • En dernière intention, si vous n’avez ni filtre ni source, prenez des eaux en bouteille avec un faible résidu à sec comme Mont Roucous, Montcalm ou Rosée de la Reine. Ecologiquement, le plastique est un drame mais lors d’un jeûne, la qualité de l’eau est capitale. Vos organes d’élimination en ont un besoin impérieux pour faire correctement leur travail d’élimination. Ne consommez pas d’eau du robinet non filtrée. 


Peut-on consommer de l’eau gazeuses et pétillantes pendant un jeûne ?

Elles convient particulièrement bien aux jeûneurs qui soufrent d’intestins perturbés. A condition, encore une fois, de bien sélectionner son eau pétillante, l’amélioration du microbiote intestinal chez un jeûneur sujet à la dysbiose (déséquilibre de la flore, source de désordres intestinaux et de ballonnements) est avérée. Si vous vous reconnaissez, buvez majoritairement de l’eau plate et prenez quotidiennement un verre grand verre ou deux d’eau pétillante. Les eaux Saint Yorre et Vichy Célestin sont recommandées.


Quelle est la durée idéale pour un jeûne hydrique ? Combien de jours jeuner ? 

– Le jeûne hebdomadaire de 24h, que l’on appelle aussi jeûne 6/1 parce que « je mange normalement 6 jours de la semaine et le dernier jour, je jeûne » est un simple repos digestif. Vous laissez à votre système l’opportunité de se reposer et dans un monde où l’on mange trop et trop souvent sans laisser à l’organisme le temps de digérer et d’assimiler correctement, ce type de jeûne a toute son importance.

  • Le jeûne de 3 jours lors duquel le système immunitaire se régénère. C’est prouvé : trois jours de jeûne induit une augmentation de la faculté d’autolyse, c’est-à-dire d’auto-digestion des cellules immunitaires qui se renouvellent et les globules blancs nettoient les tissus dégénérés.
  • Le jeûne de 7 jours où les stocks de sucre sont vidés et où les poubelles de déchets sont éliminés par les organes d’élimination (foie, reins, intestins, peau, poumons). Le jeûne long d’une semaine correspond à une grande détoxination de l’organisme. Il est important de se faire accompagné et guidé par des personnes qualifiées et expérimentées.
  • Le jeûnes plus longs de 14 ou de 21 jours à visée plus « thérapeutique ». L’intérêt des ces jeûnes longs est de prendre en charge des pathologies plus sérieuses, devenues chroniques mais ils doivent être surveillés de près par des équipes médicales.


Quels sont les intérêts d’un jeûne hydrique par rapport aux autres types de jeûnes ?


1. La cétose

Lorsque l’organisme est privé totalement de sucre, ce sont les acides gras libres, nos graisses, qui vont servir d’énergie pour fournir le carburant nécessaire au bon fonctionnement du cerveau et des muscles.

Qu’est-ce qu’un corps cétonique ?

A partir de la dégradation des graisses, l’organisme va fabriquer des corps cétoniques qui vont être utilisés comme énergie. L’acétone fait partie de ces substances dont la transformation a lieu dans le foie. C’est une sorte de ressource compensatoire quand le corps manque de glucides.

Ces corps cétoniques pourraient avoir un rôle protecteur contre certains cancers et maladies neuro-dégénératives. 


2
. Le contact avec le vide dans un monde d’abondance

Dans une société où tout va et où tout doit aller vite, le jeûne complet qui est une forme de retour total à soi est une manière d’expérimenter autre chose. 

L’alimentation moderne est bien souvent inadaptée. On mange trop, trop vite et trop souvent. L’exigence constante induite par la nécessité de travailler, parfois beaucoup, et à la fois, de prendre soin de sa famille, d’avoir des activités sportives, culturelles, d’entretenir des relations sociales de qualité peut être générateur de stress. Il faut être au top partout !

Le jeûne offre un contact avec le vide. Le vide de nourriture mais aussi et idéalement l’arrêt de la consommation des autres nourritures, parfois toutes aussi néfastes, proposée par les écrans, trop présents dans nos vies. Cette technologie nous coupe de nous et des autres.

Le jeûne, c’est ralentir, l’occasion de faire le point sur nos besoins fondamentaux, revenir à soi, à ce que nous sommes dans notre essence, dans notre profondeur, dans la complétude. Bien souvent, nous possédons déjà ce dont nous avons besoin pour être heureux. Le jeûne, c’est peut-être la possibilité de réaliser « tout est déjà là, je ne manque de rien ».

Jeûne à l’eau ou aux bouillons de légumes ?

Si le jeûne à l’eau vous fait peur, des jus de fruits dilués, des bouillons de légumes légèrement salés pour celles et ceux qui sont en hypotension peuvent être ajoutés. Ils apporteront les sels minéraux nécessaires aux jeûneurs.ses qui ont tendance à être déjà un peu déminéralisé.es.

Un apport de sucre avec un jus de pomme biologique dilué dans de l’eau par exemple, limite les risques d’hypoglycémie qui peuvent générer fatigue et nausées chez le jeûneur le matin. 

En revanche, si vous êtes « hyper-insulinique », que votre pancréas fabrique trop d’insuline par rapport à la quantité de sucre que vous consommez (que vous vous sentez fatigué et de mauvaise humeur avec de fortes envies de manger du sucre, surtout après avoir pris le petit-déjeuner français traditionnel type pain blanc-beurre-confiture), cet apport ne sera pas idéal pour vous mais il sera préférable qu’il n’y ait aucun sucre pendant votre jeûne. Faites-vous conseiller.


Pourquoi choisir le jeûne accompagné avec des jus frais de légumes plutôt que le jeûne hydrique complet ?

Si votre Indice de Masse Corporel (IMC) est trop bas ou que des contres-indications s’opposent à la réalisation en toute sécurité d’un jeûne complet, le jeûne accompagné de jus frais de légumes est une manière idéale de nettoyer l’organisme en douceur tout en ayant un apport extraordinaire de nutriments. Les oligo-éléments, les vitamines et minéraux présents dans les légumes apporteront une nourriture saine à vos cellules en leur permettant une détox toute aussi profonde que lors du jeûne total.


LE JEÛNE INTERMITTENT 

Et si je ne peux pas jeûner, existe-il un autre moyen pour mettre mes intestins au repos ?

Oui, et ce moyen s’appelle le jeûne intermittent ou fasting.

Il s’agit d’alterner sur 24h des périodes où l’on mange avec des périodes de privation.

Le 18/6 par exemple consiste à réduire le temps de prise alimentaire à 6 heures dans la journée. Lors des 18 heures restantes, l’organisme se met au repos et, ce faisant, entre dans la prévention de certaines maladies chroniques comme le diabète ou les problèmes cardio-vasculaires. 

Ce type de jeûne est idéal lorsque l’on souhaite perdre du poids ou réguler sa satiété. Ce serait un rempart des plus naturels et des plus efficaces contre les troubles métaboliques typiquement liés à la surabondance à l’oeuvre dans nos civilisations.


Dans quels cas est conseillé le jeûne intermittent ?

Si votre rythme de vie est intense, avec une vie de famille qui vous prend de l’énergie et du temps et qu’il vous est difficile de vous libérer pour partir jeûner plusieurs jours loin de tout et de tous, le jeûne intermittent se présente à vous comme une évidence.

Jeûner peu de temps, quelques heures, mais souvent, de manière répétée, voire tous les jours, c’est pratiquer le jeûne intermittent. Facile à mettre en place et à intégrer dans le quotidien, ce type de jeûne devient vite une habitude, une nouvelle hygiène alimentaire qui devient souvent partie intégrante d’une nouvelle manière de vivre plus saine et plus consciente. 

Changer son alimentation est souvent le premier pas vers un changement plus global, dans une volonté plus large de se remettre en lien avec nos réels besoins et au diapason avec la nature, la nôtre, profonde et véritable, et celle qui nous entoure.


LES AUTRES TYPES DE JEÛNE DONT ON ENTEND MOINS PARLER 

Je ne ferai que les citer cette fois-ci mais ce sera déjà une manière de prendre conscience qu’il n’existe pas que le jeûne long ou le jeûne intermittent. Il y a de nombreuses manières de mettre l’organisme au repos, d’aller a contrario des rythmes effrénés et des activités incessantes caractéristiques de nos vies modernes. 

Voici une liste non exhaustive des multiples manières de prendre soin de soi par l’intermédiaire d’un jeûne ou d’une certaine forme de ralentissement :

  • Le OMAD pour One meal a day
  • Le jeûne sec : abstinence non seulement de nourriture mais également de boisson. Une grande surveillance est nécessaire pendant ce jeûne qui ne peut être réalisé que sur un temps très court car il existe un risque de déshydratation important. 
  • Le jeûne alterné : alternance de journées avec une alimentation normale et d’autres en pratiquant le jeûne complet ou une réduction calorique (exemple : le 5:2 = moins de 500 calories pendant 2 jours/semaine)
  • Le jeûne de Daniel : évoqué dans la Bible. L’idée est de ne manger que des produits sains hypotoxiques pour reprendre le terme de Jean Seignalet qui a écrit L’alimentation ou la troisième médecine, une référence en naturopathie. Sont donc proscrits lors d’un jeûne de Daniel : café, sucre, alcool, graisses transformées, produits animaux et raffinés. La durée idéale de ce type de diète est 21 jours, un cycle, de renouvellement, de régénération, pour donner naissance à autre chose.
  • Le jeûne spirituel : son objectif est la maturation dans la discipline spirituelle. On se prive d’aliments pour mieux se nourrir de prières, de méditation. Dans ce type de jeûne, la limitation des écrans pour se consacrer à des lectures qui nourrissent l’âme est vivement recommandée.

Ainsi, qu’il fasse du bien au corps ou à l’esprit, ou aux deux, le jeûne, aujourd’hui, peut être pratiqué de manière très variée. Alors qu’il était réservé à certains adeptes aguerris de méthodes naturelles pour se soigner, il s’adresse aujourd’hui à tout le monde et a prouvé son efficacité dans de nombreuses indications : perte de poids/obésité, troubles métaboliques, états passagers déprimés, retour à soi, intention spirituelle.

Plus qu’une privation, plus qu’une diète et qu’une mise au repos de l’organisme, il s’inscrit dans une démarche de ralentissement et de retour à l’essentiel nécessaire et porteuse de sens dans nos vies ultra-rapides portées sur l’ultra-consommation. Le pratiquer quelques heures ou quelques jours, c’est entamer un chemin de reconnexion avec soi, avec nos véritables besoins et avec ce qui nous entoure.

 

Mathilde Marecaille, Naturopathe