Vertes, blanches, violettes, sauvages ou cultivées, les asperges figurent parmi les légumes les plus représentatifs du printemps. En effet, la partie comestible de cette plante est constituée des turions, véritables jeunes pousses qui percent la terre à la sortie de l’hiver attestant de la vitalité printanière de la plante. 

Voyons plus en détail ce qui fait de l’asperge un allié détox de premier choix, un alicament1 précieux au cœur du printemps. Laissons-lui le devant de la scène dans une cuisine qui met en valeur son goût et ses précieux bienfaits pour notre santé.

 

ORIGINE, HISTOIRE ET VERTUS DE L’ASPERGE

Originaires de la région méditerranéenne, plusieurs espèces d’asperges sont déjà utilisées déjà dans les différentes traditions médicales de l’Antiquité2. Consommée en Égypte, Moyen-Orient3, Grèce et Inde, cette plante est classiquement considérée de la famille des Liliacées comme l’ail et l’oignon.

En Europe, ce sont les Romains qui, les premiers, en ont vanté les propriétés thérapeutiques. D’ailleurs, le nom latin « Asparagus officinalis » atteste bien de son utilisation en officine pharmaceutique pour la réalisation de remèdes à visée particulièrement diurétique4. Depuis des temps anciens, l’espèce est donc louée pour ses propriétés par les plus éminents médecins grecs et latins. 

Par ailleurs, l’asperge fait partie des plantes « exotiques » que la princesse italienne Catherine de Médicis apporta dans ses bagages lorsque, au XVIe siècle, elle traversa les Alpes pour épouser le futur roi de France, Henri II. C’est à partir de ce moment que l’asperge se révèle comme un délice gastronomique recherché et apprécié.

ASPERGE DIVINE5  : MICRONUTRIMENTS POUR LE MICROBIOTE ET L’INFLAMMATION 

  • DIURÉTIQUE ET DETOXIFIANT :
    Vous connaissez tous et toutes l’odeur très particulière que les asperges peuvent conférer à l’urine : cela est dû à la présence de composés soufrés qui proviennent de la dégradation de certains acides aminés contenus dans la plante, dont l’asparagine, découverte dans l’asperge, qui favorise la production d’urine. Or, si l’action du soufre cible le foie en favorisant l’élimination des toxines, l’asparagine arrive au bout du processus d’élimination de celles-ci en stimulant la diurèse et le système urinaire. Quoi de mieux pour un nettoyage de printemps en profondeur ?
  • ANTIOXYDANTS HAUTS EN COULEUR :
    Véritables boucliers contre le stress oxydatif dû aux radicaux libres qui accélèrent le vieillissement cellulaire, les antioxydants présents dans l’asperge (thiols, flavonoïdes, caroténoïdes) font de cet aliment un trésor de jouvence dont la vitalité est accentuée par le stade de jeune pousse qui caractérise la consommation de ce légume. Privilégiez surtout les variétés colorées, violettes ou vertes, pour la qualité de leurs pigments.

  • VITAMINES, OLIGOÉLÉMENTS ET FIBRES AMIES DES INTESTINS :
    L’asperge est riche en vitamines du groupe B (surtout folates) bénéfiques pour le système nerveux, en vitamines A, C, E, trio antioxydant majeur, et K, indispensable à la consolidation osseuse et à la régulation de la coagulation sanguine.
    Ce légume présente aussi une quantité de fibres fructo-oligosaccharides (FOS) reconnues pour leur effet prébiotique qui alimentent notre bonne flore intestinale, favorisent l’absorption des minéraux, la diminution des taux de cholestérol et bien-sûr la régulation du transit. Elle est source de potassium, mais également de fer, de zinc, de phosphore, de manganèse et de sélénium. Quel trésor !

  • ANTI-INFLAMMATOIRE ET PRO-IMMUNITAIRE :
    L’asperge renferme des saponines, des substances qui donnent une saveur amère et qui contribueraient à une modulation optimale de l’inflammation en soutenant également l’action des globules blancs. Rien de plus intéressant en cette période de déconfinement que de fortifier notre immunité !

 

DES RECETTES DÉTOX ET PLAISIR

Comment profiter au maximum des vertus de l’asperge en alliant le côté gustatif et détox de ce légume de saison ? Voici quelques idées pour rencontrer cette plante dans notre cuisine.

  • BOISSON ANTI-RETENTION D’EAU :
    Avez-vous déjà pensé à en boire l’eau de cuisson ? Si vous achetez des asperges bio et que vous les cuisez à la vapeur, vous pouvez tout à fait consommer l’eau de cuisson qui concentrera les principes diurétiques de l’asperge pour vous donner une boisson extrêmement efficace contre la rétention d’eau. Une option intéressante surtout dans les jours qui précèdent le cycle féminin.
  • SAUTÉES A LA CHINOISE « SPECIAL IMMUNITÉ » :
    Faites cuire au wok les morceaux coupés en longueurs de 1 à 2 cm pendant 3 à 5 minutes dans de l’huile de sésame chaude en remuant constamment. Rajoutez des champignons shiitakés et des petits pois. Ajoutez du jus d’orange et faites cuire jusqu’à ce que les légumes soient tendres. Servez sur des feuilles de laitue avec des quartiers d’orange et des noix de pécan grillées.
  • JULIENNE MARINÉE AUX ŒUFS POCHES :
    Effilez les tiges d’asperges en fines lamelles à l’aide d’une mandoline après avoir coupé les queues en petits tronçons, que vous pourrez cuire à la vapeur. Préparez un assaisonnement avec de l’huile d’olive, du jus de citron, 1 c à c de pâte de citron confit, sel et poivre.
    Incorporez cette vinaigrette aux lamelles d’asperges. Laissez mariner.
    Portez une casserole d’eau à ébullition avec un peu de vinaigre blanc ; cassez un œuf par personne dans un ramequin puis les verser délicatement dans l’eau bouillante (attention à ne pas percer les jaunes).
    Ecumez et sortez les œufs de l’eau avec une écumoire au bout de 3 minutes. Disposez les tiges d’asperges cuites dans les assiettes, répartir le reste de pâte de citron confit, déposez un œuf poché et la salade d’asperges crues tout autour. Ajoutez quelques zestes d’agrumes, des pignons grillés, de la fleur de sel et des grains de poivre rose concassés.
  • TARTE VÉGANE CITRON CAJOU
    Pour cette recette, il vous faut de la pâte feuilletée végane ou sans gluten que vous allez disposer sur du papier cuisson et enfourner à 200° pendant 20 minutes après l’avoir piquée à la fourchette.
    Pendant ce temps, cuisez à la vapeur vos asperges coupées en dés et réalisez au blender une crème de noix de cajou (1/2 tasse), ¼ de tasse d’eau, 1 càs de vinaigre de cidre, 1 càc de sirop d’érable, le jus d’un ½ citron, du sel de mer.
    Une fois sortie du four, disposez sur la pâte feuilletée la crème de cajou, les dés d’asperges et pour finir un filet d’huile d‘olive, du jus de citron, du sel, du poivre et de l’ail et du persil haché. Enfournez encore 15 minutes.
    Dégustez avec une salade mesclun en accompagnement.

 

J’espère que ces quelques idées vous donneront envie d’expérimenter l’asperge en cuisine sous toutes ses formes. 

Et si dans le Sud la saison bat son plein, ce légume vivace qui a su s’adapter à des climats rudes nous égayera encore longtemps sur les étals des marchés. Ce n’était qu’une mise en bouche que je vous ai proposée avec les suggestions ci-dessus.

Profitons donc des bienfaits de l’asperge, qui vont bien au-delà de ceux que j’ai pu vous mentionner dans cet article, pour sentir en nous la force d’expansion printanière. Cette sortie de terre, percée vers la lumière, en toute connivence avec les forces de vie telluriques et cosmiques qui viennent se rencontrer au cœur de ce merveilleux Printemps.

C’est le temps du renouveau, du nettoyage en profondeur, de la confiance de la jeune pousse qui sait vers où aller depuis toujours.

 

Sara POET 

Naturopathe –Thérapeute Psycho-corporelle à Montpellier et Paris.

 

1Sur la définition d’alicament : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alicament
2Je pense au Shatavari de l’Ayurvéda (« celle qui a cent maris »), grand remède de la Femme et du système immunitaire, qui est aussi une espèce d’asperge.
3L’asperge est révérée plante divine en Égypte et comme aphrodisiaque, en raison de sa forme, dans le conte arabe « Les Mille et Une Nuits ».
4La teinture mère d’Asparagus officinalis reste un remède intéressant pour les troubles urinaires et l’acidité du terrain. La racine d’asperge figurait autrefois parmi les 5 racines apéritives majeures.
5Clin d’œil à « L’Hymne à l’asperge », chanson de Paul Clérouc (1934).