Les oiseaux chantent, la sève monte dans les arbres, les bourgeons s’épanouissent pour donner naissance bientôt à de nouvelles fleurs, à de nouveaux fruits. La nature renaît à elle-même. C’est le début d’un cycle. L’organisme, à l’image des plantes et des arbres, s’extrait de son ralentissement hivernal pour s’ouvrir à la régénération. Mettons-nous en harmonie avec la nature et, à l’aide de ses trésors, rangeons l’ancien et faisons place au neuf.

Le Printemps : la saison du renouveau

C’est le 21 mars que l’équinoxe, l’équilibre parfait du jour et de la nuit, déroule le tapis rouge au printemps. Aujourd’hui, en ce début du mois de mai, l’énergie de la renaissance qui nous est offerte par cette saison du merveilleux, de la fraîcheur, de la beauté est toujours palpable.

ALIMENTATION
Si la nature se renouvelle, l’organisme aussi se régénère. Et il a des besoins fondamentaux. Il appelle à de la nourriture vivante, croquante, fraîche. Les fruits et les légumes, d’origine biologique, devraient composer l’essentiel de nos assiettes. 50% de légumes, 25% de céréales, 25% de protéines. Nous avons évidemment une préférence pour les aliments crus, d’une richesse exceptionnelle en micro-nutriments.
Souvenez-vous : c’est le vivant qui va relancer la vie en nous.

OXYGÉNATION
La période de confinement sera bientôt terminée. Il sera alors grand temps de célébrer l’arrivée du renouveau, au dehors et au dedans. Sortez, respirez, humez à pleins poumons l’odeur suave des chèvrefeuilles en fleurs.
L’organisme possède une voie royale d’élimination : la transpiration. Pour se nettoyer, il faut suer. Dans le respect du rythme qui est le vôtre, dans le respect des besoins qui sont les vôtres, la mise en mouvement du corps, idéalement vécue en pleine nature et associée à une respiration complète, totale, promet un nettoyage printanier optimisé.

HYDRATATION
La qualité de l’eau que vous consommez est fondamentale. Les cellules font entrer des nutriments, les utilisent pour produire de l’énergie (ATP), puis laissent sortir les déchets issus de cette transformation.
Ces toxines doivent circuler correctement pour être éliminées. Nous avons besoin d’eau pour que ces processus aient lieu. Les sources naturelles sont évidemment à privilégier. Si vous en connaissez une qui jaillit d’une montagne, assurez-vous de sa non-toxicité et remplissez vos
bouteilles. En magasin, préférez les bouteilles d’eau de source avec un faible taux de résidu à sec (voir au dos de la bouteille). L’eau à osmose inverse, avec un filtre installé directement au robinet chez vous, semble l’option la plus saine et la plus écologique pour les citadins trop éloignés des sommets et des sources.

Le Printemps : la « saison du foie »

Si la médecine allopathique correspond à la « médecine classique », pourrait-on définir la naturopathie comme la « médecine traditionnelle » ?
En Chine, les savoirs traditionnels sont contenus, comme des trésors à préserver à tout prix, dans des pharmacopées minutieuses et extrêmement précieuses. On parle de Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC). Il s’agit d’une médecine millénaire et holistique. Elle tient compte des différents plans qui constituent l’être humain. Ses dimensions physiques, physiologiques, psychologiques, émotionnelles sont prises en compte pour diagnostiquer l’apparition d’une maladie. Le rapport à l’environnement, la qualité du lien qu’entretient l’homme avec la nature tiennent une place centrale.

A CHAQUE HEURE SON ORGANE
Les médecins chinois ont l’habitude de dire que chaque organe a un moment privilégié pour fonctionner dans le cycle circadien. La vésicule biliaire s’active entre 23h et 1h du matin, empêchant les agités du bocal de s’endormir. Les poumons travaillent quant à eux entre 3h et 5h le matin, maintenant éveillés les esprits tristes. Le foie, organe hautement concerné par la détoxication de l’organisme (la transformation des déchets en particules éliminables par les reins constitue une de ses fonctions principales), s’affaire entre 1h et 3h du matin. Les réveils nocturnes répétés dans cette tranche horaire doivent toujours inviter à questionner l’éventuel état de surcharge au niveau hépatique. Point de vue de naturopathe bien sûr.

Ainsi, nous connaissons « l’heure du foie », mais sa saison, quelle est-elle ? Vous ne devinerez jamais ? C’est au printemps que le foie se nettoie. C’est maintenant qu’il a besoin de soutien. Au sortir de l’hiver, le nettoyage naturel de l’organisme, au diapason avec son environnement, sollicite énormément les organes d’élimination, les « émonctoires », avec leur chef d’orchestre : le foie.
Ainsi, pour que renaissance se fasse, il faut qu’assistance et protection du foie se passent.

Les 3 déesses du printemps : des plantes dépuratives

L’ORTIE
C’est une plante annuelle dont l’utilisation est fortement recommandée au printemps.
A la fois fortifiante et dépurative, l’ortie commune se trouve facilement dans les jardins, sur les sols riches en azote. Par sa teneur exceptionnelle en silice et en minéraux, ses feuilles en décoction sont indiquées dès qu’il y a douleur articulaire. Ses propriétés anti-inflammatoire et reminéralisante renforcent l’organisme dans sa globalité, améliorent l’anémie et la fatigue. En usage externe, elle facilite la cicatrisation des plaies.
Elle est délicieuse en soupe ou en pesto, avec un peu de gomasio (sésame grillé avec une fleur de sel). Ses sommités ne piquent pas. Pour éviter son côté urticant, utilisez des gants. Les jeunes feuilles fraîches cueillies en mai feront le plaisir – une fois séchées – des amateurs de tisanes hivernales.

LA SÈVE DE BOULEAU
Grande drainante de TOUS les émonctoires (foie, reins, intestins, poumons, peau), la sève de bouleau est récoltée au printemps lorsqu’elle monte dans les arbres pour aller nourrir les bourgeons et les feuilles.
Considérons notre propre sang comme une sève qui court dans nos veines pour alimenter nos organes. Consommer de la sève de bouleau au printemps, c’est se purifier jusqu’au sang. Riche en minéraux et en oligo-éléments, elle nettoie en même temps qu’elle recharge les réserves minérales. Généralement récoltée en février/mars, elle peut être consommée jusqu’à la fin du printemps, pour une entrée en pleine forme dans l’été.
Elle se trouve facilement dans les magasins biologiques mais très souvent, sur les marchés proches de chez vous, un ou plusieurs producteurs locaux viennent la vendre au sortir de l’hiver. Renseignez-vous et consommez local.

L’AIL DES OURS
L’ail « sauvage » pousse au printemps dans les sous-bois humides. Il lui faut de la fraîcheur, de l’ombre et lorsque le lieu lui est favorable, il s’étend à perte de vue. De ses fleurs blanches et pures se dégage une odeur caractéristique mais toute la plante : sa tige, ses feuilles lancéolées et ses fleurs sont intéressantes. Ses propriétés antifongiques en font une panacée. Certaines civilisations l’avaient même élevé au rang de divinité. On dit même qu’une friction à l’ail renforçait
le courage des gladiateurs avant de descendre dans l’arène.
L’exceptionnelle richesse en chlorophylle de l’ail des ours en fait un détoxifiant hors pair, qui nettoie en douceur le foie, le sang et les reins.
Consommé en pesto, il est tout simplement exquis, tartiné en fine couche sur un pain grillé de petit-épeautre. Pour adoucir son goût franchement aillé, ajoutez aux feuilles et aux fleurs au préalable lavées et coupées, une purée d’amandes ou de noisettes, de l’huile de chanvre et des graines de tournesol. Préparez-vous pour l’envol.

Le Printemps haut en détox

Ainsi, pour faire place au nouveau, il nous faut nettoyer l’ancien. Balayer devant le temple avant de se déchausser et d’y entrer. La Nature est là pour nous y aider.
Saison de la détox par excellence, le printemps est le moment idéal pour jeûner (cliquez pour lire notre article sur les 13 choses essentielles à savoir pour bien jeûner). De quelques jours, ou d’une semaine, le jeûne hydrique printanier renforce la tendance naturelle de l’organisme à se nettoyer. Sève de bouleau, ortie et autres trésors de la nature nous préparent en douceur à une mise au repos, une régénération profonde. Hildegarde de Bingen, Sainte Hildegarde, religieuse bénédictine mystique et grande visionnaire, percevait le jeûne comme une manière de purifier le corps et l’esprit. Elle évoquait les marches salvatrices dans la nature, la nécessité de nourrir l’âme dans les moments de grand nettoyage.

Je vous souhaite un merveilleux printemps, un temps de reconnexion profonde, à la nature, dès que ce sera possible, et surtout à vous-même. Dans votre totalité, vous êtes un être unique dont les bourgeons et les fleurs de singularité ne cherchent aujourd’hui plus qu’à s’ouvrir. D’ici quelques jours, il ne sera pas trop tard pour sortir et célébrer l’arrivée du printemps et de notre renouveau.

 

Mathilde Marecaille, naturopathe à Biarritz