Au centre de notre organisme, une pompe puissante qui envoie le sang jusqu’au bout de nos doigts et de nos pieds bat continuellement, sans que nous en ayons réellement conscience. Le cœur. Fondamental, discret, assurant la circulation du liquide de vie, le sang, mais aussi maître d’œuvre de nos émotions.

Il existe différents cœurs. Le cœur physique : l’organe, le muscle. Le cœur émotionnel : qui gère les émotions et notamment la joie, ou l’absence de joie. Le cœur énergétique : aussi appelé chakra du cœur, Anhata en sanskrit, au centre duquel les enjeux sont l’acceptation et l’amour de soi. Tout un programme.

Pour prendre soin de ce cœur, de ces cœurs, nous disposons en naturopathie de nombreux outils et nous allons en évoquer quelques-uns dans ce texte. Des aliments particuliers, des plantes, des exercices de respiration et de visualisation. Après cette lecture, le cœur n’aura plus de secrets pour vous.

LE COEUR PHYSIQUE

 

SA STRUCTURE ET SON FONCTIONNEMENT

Le cœur est un muscle dont les contractions permettent d’envoyer le sang dans l’organisme afin d’en assurer les besoins en oxygène. Nous avons quatre à cinq litres de sang et le cœur envoie jusqu’à huit mille litres par jour dans nos veines et nos artères.

Il bat jusqu’à mille fois dans une journée. Il assure le bon fonctionnement de tous les organes. Il pèse jusqu’à trois cent cinquante grammes et on dit qu’il est une fois et demie plus gros que le poing fermé. Tout cela, toute cette machinerie silencieuse, est tranquillement en action au centre de notre poitrine sans que nous en soyons réellement conscients.

Qui s’arrête de temps en temps pour respirer calmement en écoutant les battements de son cœur ?

Lorsque le système cardio-vasculaire s’affaiblit et devient malade, le risque d’infarctus rôde, la tension s’élève, les artères se bouchent ou se durcissent, l’accident vasculaire cérébral potentiellement n’est pas très loin.

 

LE REMÈDES DU COEUR PHYSIQUE

L’alimentation joue un rôle primordial dans la santé cardio-vasculaire. Puisqu’il est directement relié aux veines et aux artères qui transportent les nutriments (les graisses, le cholestérol, le sucre pour ne citer qu’eux), le cœur dépend directement de la qualité de ce que l’on mange.

 

L’IMPORTANCE FONDAMENTALE DES ACIDES GRAS

Les lipides, c’est-à-dire les graisses, vont le protéger et le préserver, mais peuvent aussi l’abîmer de manière irréversible. Le gras est le premier ami ou le premier ennemi du cœur.

Les graisses animales vont surcharger le système. Bien que la graisse de canard soit à privilégier pour les longues cuissons à feu vif, car elle est stable et n’entraîne pas de dérivés toxiques, les graisses animales sont des graisses saturées qui n’apportent rien de bon au cœur et à ses vaisseaux. Au contraire, dans les cas d’athérosclérose, on retrouve des glucides, du tissu adipeux et surtout des lipides, de mauvaise qualité en général.

Vous avez certainement déjà entendu parler des différents oméga (3-6-9) ?
Ce sont les acides gras présents dans les lipides. Ils sont plus ou moins intéressants pour l’organisme. Les oméga 3 sont excellents, et spécifiquement les oméga 3 marins, l’EPA1 et le DHA2. C’est le premier, l’EPA qui va être bénéfique pour le cœur, pour maintenir une tension artérielle stable et préserver la fluidité des vaisseaux.

Cet oméga 3 se trouve dans l’alimentation et il faudrait que chaque jour, nos assiettes en contiennent. On le trouve dans les petits poissons de début de chaîne alimentaire : les maquereaux, les sardines, les harengs, mais aussi dans le foie de morue. Du côté végétal, ce sont les graines de chia et de lin qui en contiennent le plus.

RAPPEL : les graines de lin doivent être moulues ou broyées (au mortier par exemple) pour libérer leurs micronutriments. Les intégrer à un yaourt ou à une salade sans les moudre ne sert à rien.
Elles pourraient même venir se coincer dans les villosités intestinales.
Les huiles de chanvre, de cameline et de colza sont les plus riches en oméga 3.

RAPPEL : elles sont très sensibles à la température et à la lumière et ne se chauffent JAMAIS.

 

L’IMMENSE BÉNÉFICE DE L’HUILE D’OLIVE POUR LE COEUR

L’olive contient du gras et ce gras présente une propriété intéressante pour le cœur. Il s’agit de son oméga 9, le fameux acide gras oléique, mono-insaturé, connu pour réduire le risque de maladie cardio-vasculaire, de diabète de type 2 et pour lutter contre le syndrome métabolique, c’est-à-dire l’obésité.

Il participerait également au maintien d’un taux normal de cholestérol.

RAPPEL : l’huile d’olive peut être utilisée pour la cuisson, mais le feu doit être doux et la poêle ne doit pas dégager de fumée sinon elle devient alors un toxique puissant pour l’organisme et particulièrement pour le cerveau.

 

UN AUTRE MICRO-NUTRIMENT EXCELLENT POUR LE COEUR : LE RESVÉRATROL

Le rouge du raisin et le rouge du vin dépendent de lui. Ce polyphénol, un antioxydant puissant, qui donne sa couleur pourpre aux fruits rouges, et particulièrement au raisin et aux mûres, est lui aussi l’ami de nos artères.

Il permettrait de réduire la tension artérielle systolique et le taux d’hémoglobine glyquée, principal marqueur du diabète.

Le resvératrol activerait aussi la protéine SIRT-1 considérée comme la « protéine de l’immortalité » et connue pour protéger l’organisme du stress oxydatif et de l’altération de l’ADN.

Ainsi donc, la diète méditerranéenne, qui repose sur la base alimentaire huile d’olive-poissons- fruits et légumes frais et crus (avec le raisin et les fruits rouges sur le devant de la scène) démontre encore une fois ses vertus et je vous invite clairement à la mettre le plus souvent possible à l’honneur dans vos assiettes.

LE COEUR ÉMOTIONNEL

Si le cœur physique dépend majoritairement de ce que l’on mange, le cœur émotionnel dépend de ce que l’on pense et de ce que l’on ressent. Nos émotions ont un impact immense sur notre cœur et notre manière de les accueillir, d’en prendre soin et de les verbaliser aura une incidence tout aussi grande.
Qui n’a jamais ressenti son cœur battre de plus en plus fort à l’approche d’un danger, d’un évènement stressant ou, au contraire, quand la personne que l’on aime frappe à la porte et s’apprête à entrer ?

Le cœur réagit à l’adrénaline, mais aussi à nombre d’autres messagers chimiques. Le cortisol, par exemple, aussi appelé « hormone du stress », augmente la pression artérielle.

Le stress aigu, comme le stress chronique, a une incidence délétère sur l’organisme en général et sur le cœur en particulier.

Le stress émotionnel s’immisce dans la catégorie des ennemis du cœur. Ne dit-on pas « avoir le cœur brisé » ? Définitivement, les émotions — à l’instar du mauvais gras, des mauvais sucres — ont un effet sur le cœur. Le deuil, la colère et la peur peuvent même provoquer chez certaines personnes sensibles des douleurs thoraciques de grande intensité.

Il est de notre responsabilité de bien manger pour être en bonne santé. Et nous savons aujourd’hui que la qualité de nos aliments n’agit pas seulement sur notre corps, mais aussi sur nos pensées. « Nous sommes ce que nous mangeons ».

J’ai lu récemment une phrase qui m’a fait beaucoup de bien et j’ai à cœur de vous la partager.

« Notre façon de voir le monde change naturellement lorsque l’on transforme notre biochimie corporelle. Le meilleur moyen d’y parvenir étant de modifier l’hygiène de vie et l’hygiène alimentaire. »

Mieux manger, plus végétal, moins pollué donc plus biologique, plus vivant, plus cru, moins gras, moins sucré, c’est transformer quelque chose à l’intérieur de nous et cette transformation inclue notre manière d’être en relation avec le monde, avec les autres et avec soi. Cette transformation purifie nos émotions et par conséquent préserve la santé de notre cœur.

LES REMÈDES DU COEUR ÉMOTIONNEL

 

LES PLANTES

On dit que la mélisse est la plus grande amie du cœur dans le monde végétal. Paracelse disait « de toutes les plantes, la plus bénéfique pour le cœur est la mélisse ».
Utilisée en tisane ou en huile essentielle, elle vient calmer ce cœur émotionnel et y ramène la joie.
Boire une infusion de mélisse le soir calme les hypertendus et masser le cœur dans le sens des aiguilles d’une montre avec une ou deux gouttes d’huile essentielle de mélisse diluée dans une huile végétale d’amande douce panse les plaies du cœur et lui redonne du courage.

Le mot courage d’ailleurs vient de la racine latine cor qui signifie cœur. La voie du cœur, c’est la voie du courage. Il ne s’agit pas ici de force physique ni de courage à affronter les épreuves, mais du courage à être avec ses émotions, à les regarder, à les écouter. Faire de la place à l’amour, pour soi, pour l’autre. Vivre dans l’insécurité, laisser le passé et s’ouvrir au futur.

Voilà une autre citation que j’aimerais vous partager.

« Être courageux signifie vivre avec le cœur. Seuls les faibles et les mauviettes vivent avec la tête. Effrayés, ils créent autour d’eux une sécurité de logique. Craintifs, ils ferment toutes les fenêtres et toutes les portes avec des concepts et des mots. La voie du cœur, c’est la voie du courage, c’est oser aller vers l’inconnu. »

LE YOGA

Les postures, les exercices de respiration et de méditation peuvent être remarquables, voire salvateurs pour la santé du cœur.

Les postures inversées sont les meilleures. À pratiquer dans la conscience et le respect des limites du corps (attention aux problèmes de dos, d’hypertension et aux cervicalgies), elles peuvent apporter une détente profonde de l’organe cœur, mais aussi un soutien fantastique au cœur émotionnel.

Ainsi, la chandelle et la charrue pratiquées quelques minutes par jour (plutôt à la fin d’une session de yoga qu’au début) entretiennent le système cardio-vasculaire. La barque serait également une posture bénéfique pour le cœur et permettrait d’améliorer ses troubles fonctionnels.

 

Ainsi, bien manger, bien penser, savoir faire appel à la nature et à ses plantes et ses trésors lorsque c’est nécessaire, avoir une activité physique régulière, douce, mais durable comme la marche rapide, la natation ou le vélo préservent la santé cardio-vasculaire.

La respiration est essentielle, parce qu’elle calme le système nerveux et donc le cœur, parce qu’elle favorise une meilleure oxygénation de l’organisme et de ses cellules. Elle est une alliée puissante du cœur et de ses vaisseaux.

En médecine traditionnelle chinoise, on dit que l’été est la saison du cœur. Le soleil et sa vibration de lumière auraient-ils un impact sur notre centre énergétique Anhata, situé au niveau du sternum à l’avant et entre les omoplates à l’arrière ? Toute douleur localisée à cet endroit, au niveau du milieu du dos, devrait à mon sens, être interprétée aussi en regard de ce qu’il se passe dans notre cœur.

Installez-vous, bien ancré·e dans vos jambes, avec la Terre qui pulse sous vos pieds. Ressentez le haut de votre tête en lien avec le Ciel et dans votre cœur, reliez-vous au Soleil, à votre soleil intérieur. Cette pratique, tout aussi importante que l’huile d’olive, la mûre et le raisin que vous intègrerez à vos assiettes, nous met en lien avec nos cœurs émotionnel et énergétique, véritables piliers de soutien de notre cœur physique. Souvenons-nous que NOUS SOMMES UN TOUT.

 

Mathilde Marecaille,
Naturopathe à Biarritz