Vous vous apprêtez à jeûner ? Vous en avez simplement entendu parler et vous souhaitez en savoir davantage quant à la préparation idéale au jeûne ? 

Vous savez peut-être que l’automne est la saison idéale pour jeûner. La nature, à cette époque de l’année, entre dans une phase de ralentissement et de nettoyage. Inspirons-nous de son expérience et accordons-nous à son diapason.

Nous allons décrire ici les grands axes d’une mise en route adéquate.

 

LA DESCENTE ALIMENTAIRE

On dit que le temps de préparation équivaut à la durée du jeûne lui-même. Si vous prévoyez de jeûner trois jours, alors votre préparation alimentaire durera trois jours.

Plus le jeûne est censé durer, plus la préparation doit être rigoureuse. Il est nécessaire de faire entrer progressivement l’organisme dans cet état de nettoyage. Ceci est encore plus important s’il s’agit de votre premier jeûne. Ce que l’on appelle les « crises curatives » – c’est-à-dire les étapes importantes d’élimination des déchets organiques – peuvent parfois être difficiles à vivre. Nausées, fatigue, migraines : ces symptômes seront limités si vous avez correctement préparé votre détox.

 

QUELS ALIMENTS ARRÊTER POUR BIEN PRÉPARER UN JEÛNE ?

En priorité, vous stopperez les excitants : le café, le thé, l’alcool, le sucre.

Lors d’une détox, c’est aussi la mise au repos du système nerveux que l’on recherche. Extrêmement sollicité dans nos sociétés de l’ultra-vite, de l’ultra-remplissage, du mental qui turbine à plein régime, le système nerveux a lui aussi besoin d’un arrêt sur image de temps en temps. Les excitants sont donc à proscrire en première intention.

Puis, vous arrêterez les farineux et les céréales qui au moment de leur dégradation dans l’intestin forment ce que l’on appelle des colloïdes, des molécules qui collent à la paroi de l’intestin. Arrêt donc des pâtes, du pain, du riz, et des autres céréales comme le quinoa (bien qu’il ne soit pas classé comme tel), le millet, le fonio, le sarrasin.

L’intestin va entrer en régénération lors du jeûne. Plus il sera mis au repos en amont du jeûne, mieux il se régénèrera et mieux la flore intestinale pourra sortir de la dysbiose, du déséquilibre, pour retrouver sa symbiose, son équilibre.

Dans un troisième temps, vous suspendrez la consommation des protéines animales d’abord et des protéines végétales ensuite. Viande, poisson, œufs, produits laitiers, soja, légumineuses sont à éliminer deux jours avant le jeûne. Les purines issues de la dégradation des produits animaux, les nombreux déchets acides – notamment l’acide urique provenant du métabolisme des viandes et charcuteries – sont extrêmement perturbants pour le côlon. Les personnes avec des antécédents familiaux de cancers du côlon ou de l’intestin devraient d’ailleurs adopter un grand geste santé : limiter voire d’arrêter la consommation de protéines animales.

Enfin, les deux derniers jours de votre préparation alimentaire, ne prenez que des fruits et des légumes, de préférence crus si votre intestin le permet et ne réagit pas de manière trop excessive avec les fibres.

 

 

LA PROGRAMMATION EST CAPITALE

Si vous n’avez jamais jeûné, vous ignorez encore une chose : lorsque l’on n’a rien absorbé pendant trois, cinq, sept jours, on ne pense qu’à la question que vais-je prendre quand je vais me réalimenter ?

Nous écrirons prochainement un article sur la reprise du jeûne, ce n’est pas le sujet cette fois-ci, mais imaginez bien que vous n’aurez nullement envie de vous rendre à un mariage, à un anniversaire ou à une communion après un jeûne. Non seulement parce que viande, alcool, graisses et sucre ne vous seront pas recommandés, mais surtout parce que le calme intérieur est tel après une détox que bien souvent, le bruit et la foule sont des choses que l’on cherche à tout prix à éviter.

Mon conseil : programmer bien votre jeûne. Réservez-vous la possibilité d’avoir quelques jours devant vous avant de reprendre le travail, de partir en vacances ou de célébrer un quelconque évènement.

 

LE NETTOYAGE DE L’INTESTIN AVANT LE JEÛNE

Nous l’avons dit tout à l’heure, pendant le jeûne, l’intestin va retrouver l’équilibre. La flore intestinale se normalise. Si les « mauvaises » bactéries avaient proliféré, les bonnes vont pouvoir reprendre leur place. Tout est histoire de territoire dans l’intestin.

En ne mangeant plus, nous n’alimentons plus les bactéries pathogènes de la flore c’est-à-dire celles qui, en proliférant, auraient tendance à donner lieu à des pathologies. On peut parler ici du candida albicans par exemple, qui se nourrit exclusivement du fructose, le sucre des fruits, et des sucres complexes et lents des céréales et des farineux.

Plus l’intestin entrera en jeûne vide et libéré, plus sa régénération et la normalisation de la flore seront efficientes. De ce fait, nous conseillons toujours de procéder à une purge avant le jeûne qui provoquera une élimination importante des résidus intestinaux. Plusieurs manières de « se purger » sont possibles :

 

L’IRRIGATION DU CÔLON :

Cette technique prodiguée par un.e thérapeute qui doit être aguerri.e consiste en un nettoyage hydrique très doux du gros intestin. C’est comme si le côlon prenait un bain. L’eau tiède va décoller tout doucement les matières accumulées et agglutinées sur la paroi intestinale depuis des années. Les cellules mortes sont évacuées. Les sphincters qui encerclent l’intestin se détendent et offrent un relâchement quasi immédiat sur le plan nerveux. Nous savons désormais que système nerveux entérique (de l’intestin) et système nerveux autonome sont intimement reliés. Permettre la détente de l’un, c’est garantir la relaxation de l’autre. Agir sur le ventre, c’est inévitablement agir sur la tête. L’irrigation du côlon est un grand soin qui permet d’entrer en jeûne de manière optimisée sur le plan intestinal.

 

LA PURGE AU CHLORURE DE MAGNÉSIUM :

Je vous invite à vous faire conseiller avant de l’entreprendre par vous-même. Il s’agit d’un sel de magnésium dont l’assimilation n’est pas totale. L’intestin va donc faire un appel d’eau afin de le diluer pour pouvoir l’éliminer et ainsi survient la purge. Il ne convient pas aux intestins irritables.

 

LA PURGE AU JUS DE PRUNEAUX :

Très efficace également, mais elle ne convient pas aux diabétiques, car elle va apporter trop de sucre d’un seul coup. Or, un des grands objectifs du jeûne est de limiter l’apport en glucose afin que l’organisme aille puiser dans les réserves de sucre qui se trouve dans le foie. Elle n’est à recommander que dans certains cas précis. Faites-vous conseiller également.

 


L’HYDRATATION


IL EST FONDAMENTAL DE BIEN BOIRE PENDANT LA DESCENTE ALIMENTAIRE QUI PRÉCÈDE LE JEÛNE. 

Votre organisme ne va pas attendre le premier jour de votre jeûne pour commencer sa détox. Le processus va débuter à partir du moment où vous arrêterez la consommation des produits stimulants ou relaxants qui entrent dans votre quotidien.

L’arrêt du café, nécessaire voire vital à nombre d’entre nous pour amorcer la journée, peut occasionner de violents maux de tête, signe que la détox est lancée.

L’arrêt du sucre, du chocolat, deux autres grands stimulants, peut aussi générer des modifications physiologiques et psychologiques qui indiquent que le travail de nettoyage de l’organisme a déjà commencé (sensation d’hypoglycémie, de manque, besoin de réconfort qu’il va falloir chercher ailleurs, en soi par exemple… c’est aussi l’intérêt du jeûne).

C’est pendant la phase de préparation qu’il faut donc commencer à s’hydrater correctement, avec une eau de qualité (éviter les eaux du robinet si elles ne sont pas filtrées par un filtre capable d’éliminer résidus hormonaux et métaux lourds). À petites gorgées, buvez vos deux litres quotidiens.

Ici, je m’adresse spécifiquement à l’espèce « chameau » : celles et ceux qui ne boivent pas auront un travail important et incontournable à faire dès la préparation. S’hydrater est fondamental sans quoi les toxines mises en circulation par la détox ne pourront pas correctement être éliminées par les reins. 

L’eau est essentielle. Mais n’est-ce pas l’essentiel qui revient en force lorsque l’on est en jeûne ? L’eau, nous compose à 70%, qui a-t-il de plus important pour nos cellules au moment de la préparation à leur grand nettoyage ?

Vous pouvez aussi profiter de ce temps de mise en route pour consommer des infusions de plantes qui soutiendront les organes d’élimination dans leur travail de détoxination :

    • la camomille, la mélisse ou encore le tilleul faciliteront l’endormissement de celles et ceux qui verront leur sommeil impacté par la préparation au jeûne (la nuit est un grand moment de régénération et le travail d’élimination s’intensifie souvent à ce moment-là).
    • l’anis, les graines de fenouil, la badiane soulageront les intestins capricieux qui gargouillent et qui gonflent.
    • la menthe soutient le foie et apporte une fraîcheur et un pep’s qui peut faire plaisir aux papilles en manque de saveur lors d’une préparation au jeûne.
    • le romarin, en infusion le matin, soutiendra également le foie en l’aidant à fabriquer sa bile.

L’eau citronnée et les tisanes de gingembre plaisent beaucoup aux jeûneurs en préparation en règle générale. Ce sont deux boissons qui peuvent aussi être largement consommées pendant à cette période et poursuivies pendant le jeûne.

Ainsi, mieux vous préparerez votre jeûne, mieux il sera réussi. Plus vous vous accorderez le temps d’entrer dans la détox, plus votre organisme ira en profondeur dans son nettoyage. Allez lentement. Ne faites pas de la consommation de jeûne en vous arrêtant brutalement de manger la veille de votre jeûne. Sentez de quoi il s’agit : une régénération, un reset, un soutien précieux pour le système immunitaire, digestif, nerveux, hépatique. En jeûnant, vous rajeunissez, car vous permettez à vos cellules de se décharger de leurs déchets.

Le corps a besoin d’entrer en douceur dans le jeûne. Il vous demande de ralentir, de garder votre énergie pour le nettoyage qui l’attend. Il vous demande de l’eau, de l’eau de qualité. Buvez, à petites gorgées, en ayant conscience que cette eau emporte vos toxines sur son passage. Si j’osais, je dirais : remerciez-la.

Remerciez aussi vos intestins que vous aurez nettoyés. Ils dégradent, assimilent, éliminent tant bien que mal la nourriture ingérée et accumulent matières, cellules mortes et flore déséquilibrée. Parfois, ils vous gênent, parfois ils sont indolores. Quoi qu’il en soit, ils sont là pour vous et font le travail que vous leur demandez de faire. Pour une fois, offrez-leur le repos qu’ils méritent, le nettoyage auquel ils aspirent.

Notez aussi que mieux vous respectez les étapes de la préparation, moins vous aurez faim pendant le jeûne. L’arrêt brutal de l’alimentation est difficile à vivre alors qu’un arrêt progressif, souvent, dispense de la faim.

Les maux de tête, signes d’une détoxination profonde lors d’un jeûne, seront eux aussi limités si la préparation est respectée et si l’hydratation est suffisante.

Lenteur, respect des étapes, hydratation sont donc les maîtres mots d’une préparation au jeûne réussie qui promet une régénération et une revitalisation garanties.

 

Mathilde Marecaille, Naturopathe